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Joshu Sasori Dai 41 Zakkyobou
(aka Elle s'appelait Scorpion, aka Female Convict Scorpion, aka Lady Scorpion)
de Shunya Ito, Japon, 1972, Vofr, 35 mm, 90'
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Dentrée, le jeu est planté. Matsu, dans un cachot humide et sale, enchaînée, tient une cuillère à la bouche quelle frotte méthodiquement contre le sol pour en faire une arme mortelle. Ses cheveux noirs traînent au sol, laissant transparaître un regard tout aussi noir, où se lit toute lobstination de cette femme et sa force incroyable. La haine contenue en Matsu est évoquée par ce simple regard.
Suite à un viol collectif de lhéroïne taciturne attachée sur une croix, le film quitte cet univers carcéral pour le road movie, à pied. Six détenues, en compagnie de Matsu, réussissent à sévader en maltraitant quelque peu leurs geôliers. Le début de la course commence. Course vers la liberté mais aussi vers le passé où chaque protagoniste raconte son crime.
Commençant comme un véritable film de prison de femmes, Female Convict Scorpion surprend immédiatement par la beauté de sa mise en scène et de sa photographie. Se dirigeant par la suite vers un film proprement féministe et hautement critique de la place de la femme dans la société japonaise de laprès-guerre, cest une uvre extrêmement violente qui parvient à être pertinente tout en évitant le manichéisme le plus extrême.
Les hommes, bien que considérés comme des salauds ne sont pas les seuls à être critiqués. Lapathie du sexe faible qui se laisse conditionner par ces derniers est également violemment remise en question. Une des prisonnières désire ardemment retrouver son petit ami, seul objectif de sa fuite de la prison. Elle sera la première à mourir, violée, son sang teintant de rouge leau dune cascade. Punition ? Certainement, car la cause que défendent, sans en avoir conscience, les prisonnières échappées, ne souffre pas la compromission avec lennemi, lhomme. Et ce nest quun début...
Biofilmographie
Shunya Ito devient célèbre en tournant, coup sur coup, les trois adaptations de Joshu Satori, la même année en 1972. Il ne s'aventurera de nouveau dans la mise en scène que dix ans plus tard avec to trap Kidnapper (1982). Il a signé depuis trois longs métrages, dont le dernier, Pride, un polar, date de 1998.
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