2300 PLAN 9 ETRANGES NUITS DU CINEMA    DU 28 AU 31 MARS 2002
Megavixens

(aka Up!)

de Russ Meyer, USA, Vofr, 35 mm, 1976

Adolf Schwartz, dont la ressemblance avec un autre Adolf de triste mémoire frappe quelque peu, vit reclus dans un château isolé et s’adonne paisiblement à diverses déviances sexuelles avant d’être sauvagement dévoré par un piranha sournoisement introduit dans sa baignoire. Mais qui est donc le meurtrier aux mains gantés ?
C’est à ce moment que Margo Winchester (sublime Raven De La Croix) débarque dans la petite bourgade montagnarde avec son air d’allumeuse irrésistible. Affublée d’une puissante poitrine rebondissante, elle fait tourner la tête à la gent masculine locale, qui ne manque pourtant pas de femelles aux atouts pour le moins volumineux (mais comment autant de femmes à gros nichons peuvent-elles se trouver dans un si petit endroit ?). Personne ne semble vraiment se soucier de la mort du vieil Adolf, les petits problèmes personnels et les parties de jambes en l’air important avant tout.

C’est ainsi qu’une myriade de personnages vient à se croiser dans la confusion la plus totale, offrant au spectateur des vues plongeantes sur des bonnets taille E se balançant au rythme de baises robustes et d’une musique groovy. Russ Meyer offre une série de scènes érotico-comico-absurdes aussi haletantes les unes que les autres et totalement inutiles à la progression de l’intrigue qui, de toute façon, n’est pas la raison d’être du film. Néanmoins, il ne nous laisse pas entièrement dans le flou puisque régulièrement, une nymphe perchée aux arbres et nommée Greek Chorus fait régulièrement le point sur la progression de l’enquête… et en chanson siouplaît, au détriment de toute logique.
Sommet absolu de l’art du maître des immenses nibards, Megavixens a de quoi surprendre les plus blasés. Le savant mélange de sexe, d’humour et de violence fait office ici de véritable feu d’artifice visuel et sonore, ne laissant aucun répit à son public qui s’en prend non seulement plein la tronche, mais lui inflige aussi une gaule assurée (on parle ici de la gent masculine, bien entendu).
Malgré une présence incontestable de femmes à fort caractère, véritables héroïnes en puissance, le film connut quelques accrochages avec les ligues féministes lors de sa sortie américaine en 1976, celles-ci pensant probablement que le film était une ode à la femme objet. Que nenni ! Ici l’objet est bel et bien l’homme, et nul doute que Russ Meyer lui-même se considérait lui-même comme un être soumis face à tant de féminité.
Bref, Russ Meyer offre ici son film le plus burné (!), un tout tout grand moment de cinéma.

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